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La Chute du bad boy, e-book de Gina Azzi
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La Chute du bad boy E-book

Tome 6 sur 6 : Une équipe de choc · Format : E-book

Dans notre milieu, c’est évident pour tout le monde : ce qu’il y a de pire que de mettre enceinte la sœur de son coéquipier, c’est de mettre enceinte sa fille.

En théorie, je n’ai rien à faire avec Lola Daire. C’est une étudiante de dernière année intelligente et pleine d’idéaux, prête à se faire un nom dans la Silicon Valley. Moi, je ne suis qu’un joueur de hockey bougon qui en veut au monde entier.

Elle n’est que sourires, je ne suis que nuages noirs. C’est une fille à papa, et clairement, je suis le dernier homme avec qui son père aimerait la voir sortir.

Un homme avec un passé et des démons comme les miens ne peut que corrompre une femme de cette classe. Je ne devrais pas flirter avec elle, mais quand Lola se retrouve dans une situation compromettante, j’enfreins toutes les règles pour la protéger.

Nous n’avons rien en commun, à l’exception de cette attirance mutuelle. Nous n’avons aucun avenir, rien que ces moments volés. Mais notre désir est insatiable et notre alchimie exceptionnelle.

Une nuit ne nous suffit pas, et notre entente inattendue prend une tournure plus surprenante encore.

Je suis peut-être l’archétype du bad-boy, mais cette fille formidable et l’heureux événement qu’elle attend risquent bien de causer ma chute.

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Extrait exclusif : La Chute du bad boy, Chapitre 1

Chapitre 1 : River

Lola Daire n’a pas le droit d’être aussi canon.
Enfin, elle porte des robes sans forme qui dissimulent sa silhouette. Ou des putain de salopettes.
Son nez est généralement plongé dans un livre, son visage est souvent dénué de maquillage, et parfois, je me demande si elle vit dans une réalité ou dans son propre monde. Elle est toujours en train de réfléchir ou dans la lune ou débordante d’idées ou d’opportunités.
Selon les standards, au mieux, elle serait bizarre. Elle ne devrait pas être aussi canon.
Mais d’après mes standards, c’est la femme la plus magnifique que j’ai vue dans ma vie. C’est agaçant. Déroutant. Exaspérant.
— Tu me passes les pommes de terre, s’il te plaît ?
Je soupire comme si tendre le bras était un fardeau, mais c’est faux. Je déteste simplement quand son père, mon coéquipier, Axel Daire, également connu sous le nom du Bagarreur, me lance un regard noir parce que je parle à sa progéniture. Depuis que je me suis assis pour ce repas de Friendsgiving, je suis la cible de tous les regards d’Axel ou des avertissements silencieux de Maisy, sa fiancée et ma fichue amie. Je passe les satanées pommes de terre à Lola.
Nos doigts se frôlent et même si je sais que je devrais les éloigner, je n’en fais rien. Au contraire, je crochète mon index à son majeur et le tiens un peu trop longtemps.
Ses yeux chocolat transpercent les miens, pétillants de surprise et curiosité.
Je lui décoche un sourire malicieux avant de la relâcher. Évidemment qu’elle est curieuse ; c’est un rat de bibliothèque. Fondatrice du club Les filles qui codent sur le campus de l’Université du Tennessee. Sa curiosité est insatiable, et j’adore le fait de l’intriguer.
— Merci, murmure-t-elle.
Je baisse la tête et reporte mon attention sur mon assiette. La dinde et la purée me rappellent les dîners de Thanksgiving chez Gayle. Toutes les tartes faites maison et les serviettes en tissu, le bon vin et les matchs de foot en fond sonore.
Mes parents adoptifs sont de bonnes personnes, bon sang, ils m’ont accueilli et m’ont guidé sur un meilleur chemin alors que j’étais perdu. Même si cette année, je loupe Thanksgiving à cause du match à l’extérieur des Bolts, je passerai la semaine prochaine pour rendre visite à Gayle. Bien que je ne puisse jamais lui donner ce qu’elle veut réellement, un fils aimant et ouvert, je sais tenir une conversation pendant une heure autour d’un café dans une cuisine chaleureuse.
— Qui veut un autre verre ? demande Damien en se levant de table.
Notre capitaine d’équipe, Devon, lève sa bouteille presque vide. Maisy sourit et annonce qu’elle en prendra bien un autre. Harper, la femme de Damien, le suit pour l’aider tandis que d’autres membres de l’équipe lancent leur commande de boissons.
Lorsque Lola commence à citer la sienne, son père plaque une main sur la sienne et lui lance un regard sévère.
— Tu conduis, bougonne-t-il.
Elle baisse la tête et bordel, comme je déteste quand il ne la laisse pas se détendre et profiter. Pour l’amour du ciel, elle est avec son équipe et avec lui. Que croit-il qu’il pourrait se passer ? Elle ne peut pas s’attirer d’ennuis ici. En plus, je serais heureux de la ramener chez elle.
Je pose une main sur sa cuisse sous la table et la serre pour la rassurer. Ses yeux bondissent vers les miens, choqués. Une étincelle prend vie dans mon ventre. Sa surprise encourage mon mauvais comportement. Même si c’est stupide, la taquiner me fait du bien. Ses réactions stimulent des choses en moi semblables à de vieux souvenirs.
Le désir, l’envie, la soif. Mais plus qu’un coup d’un soir. Plus qu’un instant éphémère.
Merde. Qu’est-ce qui cloche chez moi ? Je retire ma main de sa cuisse et la chaleur de sa peau qui traverse son jean s’accroche au bout de mes doigts quand j’éloigne mon toucher.
Je ne joue pas du tout dans sa catégorie, c’est le genre de fille qui ne me regarderait jamais. Le genre de femme qui sait, en un regard, qu’elle est trop bien pour la merde que je balance. Mais bordel, je ne fais que penser à elle.
J’ai rencontré Lola il y a un an et demi. Avec son papa, elle s’est inscrite au comité d’accueil le temps que l’équipe des Thunderbolts se forme et que les joueurs arrivent de tous les états.
Comme je vis dans le Tennessee depuis des années maintenant, ayant gravi les échelons de la ligue en développement et étant membre d’un programme d’aide pour assurer ma place chez les Bolts, Lola m’avait proposé de me porter volontaire pour accueillir les joueurs.
Je me suis moqué et j’ai décliné fissa cette connerie. Mais comme Lola est intelligente, elle a gardé ses distances. Toutefois, au cours de l’année passée, quelque chose a changé. Je l’ai croisée avec son amie Jasmine, elles prenaient un verre à Corks, et nous avons discuté. Je l’ai fait rire deux fois à la soirée de fiançailles de Maisy et Axel. Quand j’ai chopé la grippe en septembre, elle a déposé une box surprise sur le pas de ma porte. C’était la première fois qu’une femme, en dehors de Gayle, essayait de prendre soin de moi et ça m’a fait tellement de bien que c’en était troublant.
Parce que, tout comme les gars avec qui j’ai grandi me l’ont fait remarquer, je n’ai aucune chance avec elle.
Damien et Harper reviennent avec une tournée de boissons et mes coéquipiers commencent à s’écarter de la table, trop rassasiés pour continuer à manger. De petites conversations s’animent et de petits groupes se forment autour de la cuisine et du salon.
Le Bagarreur et Maisy rejoignent Turner et Céline, sa star hollywoodienne de petite amie près du feu. En l’absence de son père, Lola me regarde longuement.
Je la regarde à mon tour et j’attends qu’elle me dise de lâcher l’affaire ou d’arrêter de me foutre d’elle. Elle n’en fait rien.
J’expire profondément.
— Tu as hâte d’entrer en dernière année ?
Elle sourit.
— Oui, c’est difficile de croire que je serai diplômée cette année.
— Et tu vas retourner vivre en Californie ? je m’enquiers, même si je ne fais que répéter des informations qu’elle a données plus tôt à Devon.
— Dans la Silicon Valley, il y a un tas d’offres d’emploi géniales en technologie et informatique, explique-t-elle.
— Au Texas aussi, lancé-je, me rappelant quelque chose que mon frère Cullen a récemment mentionné.
Lola affiche une mine surprise.
— Tu as raison. Je ne me ferme aucune porte et ratisse large.
— Mais tu ne veux pas rester ici ? insisté-je pour m’assurer qu’elle s’en va.
Je veux savoir qu’elle a un avenir brillant loin d’ici.
Lola hausse les épaules et observe le penthouse de Damien.
— Ce n’est pas que je ne veux pas rester plus que je veux savoir quelles autres options existent. Ma maman et mon beau-père, mes frères, sont à Seattle.
— C’est vrai.
Je hoche la tête.
— Ta famille vient d’ici, non ? demande-t-elle, inversant les rôles.
Je baisse la tête. Je déteste parler de ma famille. Pas parce que je m’en fiche et je les admire de m’avoir accueilli, mais parce que je n’ai jamais réellement eu le sentiment d’avoir ma place. Comment le pourrais-je ? Gayle et Ken sont ce genre de parents que l’on voit dans les films, ceux qui devraient remporter des récompenses pour leur immense générosité. Ils avaient déjà un fils, Cullen, quand je suis entré dans leur vie. Pourtant, ils m’ont donné les mêmes chances qu’à lui, ainsi que leur soutien inconditionnel. Leur amour.
Je ne l’ai jamais mérité. Je n’ai jamais rien fait pour l’obtenir. Putain, la moitié du temps, j’étais trop en colère pour seulement en profiter.
Je me racle la gorge.
— Oui.
— C’est sympa. C’est toujours bien d’être près de sa famille.
Ses yeux parcourent l’espace pour se poser sur son papa et Maisy.
— Ils vont me manquer si je pars.
Je m’éclaircis à nouveau la gorge, j’ai l’impression que quelque chose l’obstrue. Je tire sur le col de mon ras du cou. J’ai assez observé la relation entre Axel et Lola pour savoir qu’ils sont proches.
Que Axel viendra me tuer dans mon sommeil si je tente quelque chose avec sa fille.
Lola me regarde et je me noie dans son regard de minuit. Elle rejette ses cheveux de son épaule et je remarque, pas pour la première fois, à quel point ils sont soyeux. Alors qu’elle a hérité des yeux sombres et des cheveux de son père, sa petite taille et sa structure osseuse délicate doivent lui venir de sa mère.
— Tu as prévu quelque chose pour les vacances ?
J’avale une gorgée de ma bière.
— Pas vraiment. Je vais rendre visite à ma famille, retrouver quelques amis et c’est tout. Et toi ?
Elle fronce les sourcils face à ma semi-réponse, mais je n’ai pas l’habitude de me confier et d’échanger. Je suis à l’aise avec l’équipe, mais je ne m’ouvre jamais au-delà d’une certaine limite. Je ne m’ouvre pas à outrance comme le fait Junior ni ne donne mon avis sur tout comme Damien Barnes. Je suis plutôt comme Turner, mais pas aussi poli ni aussi sincère.
— Je pars à Seattle. Je n’ai plus vu ma mère depuis cet été et elle me manque. En plus, son regard glisse à nouveau vers son père et son expression se fait nostalgique, mon père et Maisy devraient passer du temps à deux, sans que je gâche tout.
Je penche la tête sur le côté pour réfléchir à ses paroles. Parmi toutes les personnes que j’ai rencontrées grâce aux Thunderbolts, mis à part Lola, c’est Maisy que je préfère. Même si Lola et Maisy s’entendent bien, j’imagine que c’est bizarre pour elle de voir son papa sortir et développer une relation.
— Dommage, marmonné-je.
Elle me lance un regard.
— Si tu restais en ville, j’aurais voulu savoir si tu voulais traîner avec moi pendant les vacances d’hiver, proposé-je pour tâter le terrain.
Elle sourit et me pousse légèrement.
— Non, ce n’est pas vrai.
Je ricane.
— Si, juré-je, même si ça sonne très faux.
Elle lève les yeux au ciel.
— Oui, c’est ça.
Je secoue la tête.
— Pourquoi tu crois que je n’aurais pas envie de passer du temps avec toi ?
Elle se fige, le regard sérieux.
— Parce que je ne suis pas comme toi, River.
Elle indique le salon où les Bolts et leur moitié discutent.
— Ta place est là, dans ce monde-là.
Elle hausse les épaules.
— Et… Je n’y ai pas vraiment la mienne.
Je la regarde fixement pendant une longue seconde avant de hocher la tête, compréhensif.
Même si Lola ne m’apprend rien, son ton résigné me pousse à réfléchir. Mais elle a raison ; nous appartenons à deux univers séparés. De fait, ils sont si éloignés qu’ils ne sont probablement même pas dans le même système solaire.
Cependant, elle a également tort. Lola Daire pourrait avoir sa place n’importe où ; c’est moi qui fais défaut.
Ça a toujours été moi.